01/12/2018

Rasmussen et la Hongrie se jettent à l’eau

ACTUALITE : Alors que la Hongrie va entrer dans la compétition face aux Pays-Bas, le coach hongrois Kim Rasmussen n’a aucune idée comment son équipe, rajeunie, va jouer à l’EHF EURO. Une chose est sûre : elle se battra jusqu’au bout.

Kim Rasmussen, le coach de la Hongrie, a reconstruit son équipe en amont de l'EHF EURO 2018

Les fans de handball en Hongrie et aux Pays-Bas ont assisté à deux rencontres de haut vol en mars, quand leurs équipes nationales se sont rencontrées par deux fois en qualifications pour l’EHF EURO 2018. Chaque nation a remporté son match à domicile, la Hongrie finissant en tête du groupe.

Huit mois après, cette double confrontation épicée est un souvenir lointain alors que les deux pays vont se rencontrer de nouveau en ouverture de leur EHF EURO 2018, ce samedi à 15h00 à Montbéliard (en direct sur ehfTV.com). 

« Non, pas du tout » répond le coach de la Hongrie Kim Rasmussen quand on lui demande si le match de samedi peut être comparé aux deux rencontres du mois de mars.

« Tout d’abord, nous sommes dans un championnat. Deuxièmement, les deux équipes sont amputées de joueuses importantes. C’est une situation complètement différente » dit Rasmussen. « Ce que nous savons, c’est que nous sommes capables de réaliser un gros match. Nous savons que nous aurons une chance de l’emporter si nous jouons à un niveau d’intensité maximum. »

Rasmussen a été forcé de reconstruire son équipe récemment. Après la retraite internationale de la star Anita Görbicz, d’autres joueuses importantes ont déclaré forfait pour l’EHF EURO. Les absentes notables incluent Zsuzsanna Tomori (blessure) et Dora Hornyak (maternité).

Les fans ont pu apercevoir la « nouvelle » Hongrie cette semaine, quand elle a été dominée par la Norvège (25:19), la France (19:18) et le Danemark (23:16), trois autres équipes qui seront à l’EHF EURO, lors de la Golden League à Oslo.

Ces matchs n’ont pas donné au coach de vraies indications quant à l’état de forme de ses troupes. La Hongrie est-elle prête pour le championnat d’Europe ?

« J’espère que quelqu’un a la réponse, car je ne l’ai pas. Cette équipe est toute nouvelle et a perdu deux joueuses importantes ces deux dernières semaines » explique le coach Rasmussen. « Nous avons joué de bons matchs en Norvège, mais il va falloir prendre des points. Je ne sais pas vraiment comment les filles vont réagir. »

La Hongrie est prête à se battre

Ce que Rasmussen sait, en revanche, c’est que la Hongrie est prête à se battre.

« Nous avons de l’énergie à revendre, nous nous battons. Nous allons jouer contre la Hollande, une grande équipe avec beaucoup d’expérience, les filles se connaissent bien, cela ne va pas être simple » explique-t-il. « Mais les filles ne vont rien lâcher. C’est ce qui est le plus important pour moi. Et si nous le faisons, nous pouvons être dangereux car mes jeunes joueuses savent jouer au handball. »

« Dans le même temps, il faut que je prenne les bonnes décisions » ajoute-t-il. « A un moment, on ne gagne pas grâce au talent mais en se souvenant des tactiques à utiliser pendant les rencontres. C’est une de mes grandes questions : peut-on prendre les bonnes décisions ? »

Si un coach sait transformer des outsiders en gagnantes, c’est bien Rasmussen. Le Danois a pris les commandes du CSM Bucuresti en 2015 sans garanties sportives, mais le club roumain a soulevé le trophée de la Women’s EHF Champions League à la fin de cette saison.

Cette fois, Rasmussen espère que ses Hongroises pourront être une des surprises de la compétition.

« L’espoir est plus grand que la peur. Je sais que cela ne sera pas simple pour cette équipe » dit-il. « Notre philosophie, notre stratégie et notre état d’esprit est que nous voulons vraiment mettre de l’énergie et de l’agressivité dans notre jeu. Quand nous faisons cela, tout peut arriver. L’énergie est la clé et si nous pouvons nous en servir, pourquoi pas ? »

En face, les Oranje

Alors que la Hongrie a dû gérer de nombreux changements, les Pays-Bas n’auront pas non plus le même visage qu’ils présentaient il y a huit mois.

Alors, l’équipe néerlandaise incluait trois joueuses évoluant dans la ligue hongroise. Mais, à l’EHF EURO, Nycke Groot est la seule rescapée du trio hongrois, puisque Yvette Broch (retraite) et Danick Snelder (blessure au dos) ont du déclarer forfait.

L’absence de Snelder, la capitaine, va changer le rôle de Groot dans l’équipe d’Helle Thomsen. En tant que meneuse de jeu, Groot a toujours été un des moteurs de l’équipe des Pays-Bas, mais en France, elle sera officiellement la capitaine.

« Nous voulons toujours viser l’or, mais la question est de savoir si c’est réaliste » explique-t-elle. « Nous avons perdu deux des meilleures joueuses du monde. Avec Yvette et Danick, nous avions certains automatismes qui vont nous manquer. »

Au premier abord, la Hongrie pourrait sembler malchanceuse, ayant à arrêter ce qui semble être la meilleure équipe du groupe d’entrée. Mais jouer les Pays-Bas, médaillées d’argent en 2016, dans le match d’ouverture, avant d’affronter la Croatie lundi et l’Espagne deux jours après pourrait aussi être un avantage, selon Rasmussen.

« On ne jouera pas à quitte ou double » explique le coach. « Mais imaginons que nous gagnions que nous partions avec deux points au tour principal et, tout d’un coup, les choses seraient complètement changées. »

written by Eric Willemsen / jh